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Les cryptoactifs
Intermédiaire
6 min
Vendre des cryptoactifs, payer avec eux ou détenir un compte à l’étranger peut entraîner des obligations fiscales différentes. En France, le calcul d’un gain repose sur l’ensemble du portefeuille, pas seulement sur le jeton vendu. Distinguer les opérations et conserver leurs justificatifs permet de préparer la déclaration.
Identifier les opérations concernées
Cet article concerne une personne fiscalement domiciliée en France qui gère des cryptoactifs dans son patrimoine privé. Les activités professionnelles et certains revenus suivent d’autres règles.
Une cession est une opération par laquelle tu te sépares d’un actif en échange d’une contrepartie. Vendre des cryptoactifs contre des euros est une cession susceptible de déclencher une imposition. Cela vaut même si les euros restent sur la plateforme : le virement vers ton compte bancaire n’est pas le déclencheur.
Payer un bien ou un service avec des cryptoactifs constitue aussi une cession. À l’inverse, leur simple détention ou une hausse de leur cours ne crée pas, à elle seule, une plus-value imposable dans ce régime.
Un échange entre cryptoactifs sans soulte, c’est-à-dire sans somme d’argent complémentaire, bénéficie d’un sursis d’imposition : il n’est pas taxé immédiatement. Un échange avec soulte suit des règles spécifiques. L’administration fiscale précise les opérations concernées.
Comprendre le calcul sur le portefeuille global
La plus-value est le gain calculé lors d’une cession. Pour les cryptoactifs, on retire du prix de vente une fraction du coût d’acquisition du portefeuille global.
Ce portefeuille comprend les actifs des membres du foyer fiscal, sur l’ensemble des plateformes et portefeuilles personnels. Le Bulletin officiel des finances publiques détaille cette méthode.
Exemple fictif, sans frais ni cession antérieure : tu as acheté pour 2 000 € de cryptoactifs. Ton portefeuille vaut 5 000 € juste avant une vente de 1 000 €.
La vente représente 1 000 / 5 000 = 20 % du portefeuille.
La fraction du coût d’acquisition correspondante vaut 2 000 × 20 % = 400 €.
La plus-value est donc de 1 000 − 400 = 600 €.
Pour les cessions suivantes, le coût d’acquisition doit être ajusté pour tenir compte des fractions déjà utilisées. Cet exemple ne couvre ni les frais ni les situations particulières.
Le résultat affiché par une seule plateforme peut donc être insuffisant, même si tu y as vendu les actifs.
Distinguer impôt, exonération et situations particulières
Selon les règles vérifiées le 9 octobre 2026, à revérifier pour l’année concernée, les gains du patrimoine privé sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Une option pour le barème progressif est possible ; elle est indépendante de celle applicable aux revenus de capitaux mobiliers. L’administration présente le taux et cette option.
L’exonération de 305 € porte sur la somme annuelle des prix de cession concernés, hors échanges bénéficiant du sursis. Elle ne porte pas sur les gains. Ce n’est pas un abattement : dépasser ce seuil ne conduit pas à taxer seulement la partie au-dessus de 305 €.
Les moins-values peuvent compenser les plus-values de même nature de la même année. Elles ne se reportent pas sur les années suivantes et ne compensent pas des gains sur actions. Les règles d’imposition précisent ces limites.
Une activité exercée dans des conditions analogues à celles d’un professionnel relève d’un autre régime. L’administration classe également les bénéfices de minage ou de staking parmi les bénéfices non commerciaux, ou BNC. Ne leur applique donc pas automatiquement les règles des simples ventes du patrimoine privé.
Enfin, un produit financier lié au cours d’un cryptoactif peut suivre la fiscalité de ce produit, et non celle de la détention directe.
Préparer la déclaration en trois étapes
Rassemble les historiques. Conserve achats, ventes, échanges, transferts, frais et justificatifs. Note la valeur globale du portefeuille lors de chaque cession imposable.
Sépare les obligations. Les cessions du patrimoine privé se détaillent dans l’annexe 2086, puis le résultat annuel est reporté dans la déclaration de revenus. La brochure fiscale 2026 rappelle que cette annexe reste requise même sous le seuil de 305 €.
Recense les comptes étrangers. Les comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger se déclarent avec le formulaire 3916–3916 bis, même sans vente. La page officielle du formulaire présente cette obligation.
Un portefeuille personnel dont tu détiens les clés n’est pas, à lui seul, un compte chez un prestataire étranger. Pour une plateforme, vérifie l’entité qui tient réellement ton compte.
Utilise les formulaires de l’année déclarée.
Une action concrète : exporte tes historiques avant de perdre l’accès à un service. Si des opérations complexes ou des informations manquantes empêchent le calcul, interroge ton service des impôts ou un professionnel compétent.
À retenir
Une vente en euros ou un paiement en cryptoactifs peut déclencher une imposition.
Le gain se calcule avec le portefeuille global, pas uniquement avec l’actif vendu.
Déclarer les cessions et déclarer les comptes étrangers sont deux obligations distinctes.

