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Les fondamentaux
Avancé
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Une baisse peut se mesurer depuis le prix d’achat, depuis le début d’une période ou depuis un sommet. Ce dernier repère, appelé drawdown, montre le recul subi après un point haut. Comprendre ces différences aide à lire les pertes et à distinguer leurs conséquences financières des réactions qu’elles provoquent.
Comment mesurer une baisse depuis un sommet ?
Le drawdown désigne le recul par rapport au plus haut atteint précédemment sur la période étudiée. Le drawdown maximum est le plus fort recul entre un sommet et un creux qui le suit sur cette période. Cette définition est notamment utilisée dans la recherche sur la mesure des risques de portefeuille.
Prenons un exemple fictif, sans versements ni retraits. Un placement acheté 10 000 € monte à 12 000 €, puis redescend à 9 000 €.
Depuis l’achat, la perte est de 1 000 €, soit 10 %. Depuis le sommet, le recul est de 3 000 €, soit 25 %. Les deux chiffres sont corrects, mais ils répondent à deux questions différentes.
Le calcul du recul depuis le sommet est :
(Valeur au sommet − valeur actuelle) ÷ valeur au sommet.
La durée compte également. Passer quelques semaines sous un sommet et rester plusieurs années en dessous ne représente pas la même contrainte pour un projet.
Pour un portefeuille avec des versements et des retraits, la seule évolution du solde ne suffit pas. Un retrait peut créer une baisse apparente sans perte sur les placements. Il faut une série de performance qui neutralise les mouvements d’argent pour mesurer correctement le drawdown des investissements.
Pourquoi une hausse équivalente ne compense pas la perte
Après une baisse, le pourcentage de hausse s’applique à une base plus petite. Dans notre exemple, passer de 12 000 € à 9 000 € représente une baisse de 25 %. Revenir à 12 000 € demande ensuite une hausse d’environ 33,3 %.
Voici trois illustrations fictives, sans frais, fiscalité ni mouvements d’argent :
Baisse subie | Hausse nécessaire pour revenir au niveau initial |
|---|---|
10 % | Environ 11,1 % |
25 % | Environ 33,3 % |
50 % | 100 % |
Ces chiffres décrivent un calcul, pas la probabilité d’un retour au sommet. Un placement peut ne jamais retrouver son ancienne valeur.
Ce repère permet de mieux comprendre l’importance des pertes profondes. Il complète la volatilité, qui décrit les fluctuations à la hausse comme à la baisse. L’AMF explique cette distinction entre fluctuations et risque pour le capital.
Ce qu’une baisse ne permet pas de conclure
Un drawdown passé ne fixe pas une limite aux pertes futures. Une histoire courte ou une période favorable peut donner une image incomplète du risque. Les observations quotidiennes et mensuelles peuvent également faire apparaître des creux différents.
Une valorisation peu fréquente peut rendre un placement apparemment stable sans rendre ses actifs moins risqués. Il faut vérifier comment les valeurs sont établies avant de comparer deux historiques.
La baisse ne prouve pas non plus qu’un investissement est devenu bon marché. Elle peut refléter une difficulté durable, un défaut de remboursement ou une dégradation des perspectives. À l’inverse, le seul recul du prix ne suffit pas à expliquer ce qui a changé.
Les émotions ajoutent une autre difficulté. L’envie de vendre pour faire cesser l’inquiétude peut conduire à une décision précipitée. L’envie d’attendre uniquement pour « ne pas perdre » peut aussi empêcher de réexaminer un placement devenu inadapté. L’AMF invite à reconnaître l’influence des émotions sur les décisions.
Le prix d’achat et l’ancien sommet sont des repères historiques. Ils ne constituent pas une promesse de valeur future. Conserver, vendre ou renforcer demande donc d’autres éléments que le souhait de revenir à l’équilibre.
Analyser la baisse avant de décider
Pour un placement ou un portefeuille en recul, rassemble les relevés et les informations récentes, puis examine trois questions :
Que mesure le chiffre ? Note le point de départ, le sommet retenu, les dates et le traitement des versements, des retraits et des revenus. Traduis aussi la baisse en euros.
Qu’est-ce qui a changé ? Distingue les variations de marché, les faits nouveaux sur le placement et les changements dans ta situation. Recherche des informations vérifiables plutôt qu’une explication fondée sur le seul prix.
Quelles sont les conséquences pour ton projet ? Examine la somme nécessaire, l’échéance et les conditions de sortie. Note les coûts d’une opération et ce qu’une perte supplémentaire compromettrait.
Écris ensuite les raisons d’une éventuelle décision. Une baisse peut révéler un risque sous-estimé, mais son ampleur seule ne dicte pas l’action. Une durée longue ne garantit ni la récupération de la perte ni le retour au sommet.
À retenir
Le drawdown mesure un recul depuis un sommet, qui peut différer de la perte depuis l’achat.
Plus la baisse est profonde, plus la hausse nécessaire pour la compenser est importante.
L’historique et les émotions ne remplacent pas l’analyse du placement et des conséquences pour les projets.

