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L’immobilier dans un PER

L’immobilier dans un PER

Intermédiaire

6 min

Certains plans d’épargne retraite permettent d’investir dans des SCPI ou d’autres fonds immobiliers. Tu peux ainsi donner une place à l’immobilier dans ton épargne destinée à la retraite, sans gérer un logement. Mais le PER ajoute ses propres contraintes de disponibilité et de fiscalité aux risques du placement choisi.

Investir dans l’immobilier à travers une enveloppe retraite

Le plan d’épargne retraite, ou PER, est un cadre d’épargne destiné à préparer la retraite. Ce n’est pas un placement immobilier en lui-même : son résultat dépend des supports dans lesquels l’argent est investi.

Un PER individuel peut prendre la forme d’un contrat d’assurance ou d’un compte-titres. Dans un PER assurantiel, les placements immobiliers sont proposés sous forme d’unités de compte, dont la valeur varie selon les actifs auxquels elles sont liées. Tous les PER ne proposent pas les mêmes supports.

Selon l’offre, tu peux trouver des SCPI, des sociétés civiles de placement souvent appelées SCI, ou des OPCI. Ces fonds n’ont pas tous la même composition : certains détiennent des immeubles, d’autres combinent immobilier, parts de fonds et actifs financiers.

Ces SCI de placement diffèrent des SCI familiales. L’AMF explique ces sociétés civiles accessibles notamment dans un PER.

Exemple fictif : sur un PER de 20 000 €, tu affectes 4 000 € à un support immobilier. Il représente alors 20 % du plan. Cette répartition est illustrative.

Donner une place à l’immobilier dans la préparation de la retraite

L’immobilier peut compléter d’autres placements au sein d’un PER. Son intérêt éventuel dépend du patrimoine détenu, de la stratégie du fonds et de l’horizon envisagé. Posséder déjà plusieurs placements immobiliers peut toutefois renforcer une concentration plutôt que la réduire.

Pendant la phase d’épargne, les revenus éventuels restent dans le plan, selon les modalités du support et du contrat. Ils ne constituent pas des loyers librement utilisables sur ton compte bancaire. Le rendement affiché par une SCPI ne correspond donc pas nécessairement au résultat obtenu dans le PER après frais et traitement des distributions.

La gestion compte également. En gestion libre, tu choisis parmi les supports disponibles. En gestion pilotée à horizon, la répartition évolue pour réduire progressivement les risques à l’approche de la retraite. Cela ne garantit pas le capital et ne signifie pas que ton épargne sera investie dans les fonds immobiliers que tu aurais choisis. L’AMF présente ce fonctionnement.

Pour certains versements volontaires, une déduction du revenu imposable est possible dans les limites applicables. Cette déduction concerne le versement sur le PER, pas spécifiquement l’achat d’un support immobilier.

Pour un résident fiscal français, lors d’une sortie en capital à la retraite, les versements volontaires déduits sont soumis au barème de l’impôt sur le revenu ; les gains suivent un régime distinct. Si les versements n’ont pas été déduits, leur remboursement est exonéré d’impôt sur le revenu, mais les gains restent imposables. Le tableau fiscal officiel distingue ces situations.

L’économie d’impôt à l’entrée doit donc être examinée avec la fiscalité de sortie, les frais et ta situation future.

Cumuler les contraintes du PER et les risques immobiliers

L’épargne du PER est en principe indisponible jusqu’à la retraite ou l’âge légal de départ. Des déblocages anticipés existent dans des situations prévues par la loi, notamment certains accidents de la vie et l’acquisition de la résidence principale. Ce dernier motif ne permet pas de débloquer les droits issus de versements obligatoires.

Vendre un support dans le PER ne permet pas de retirer librement l’argent du plan. Un arbitrage change le placement qui accueille l’épargne ; il ne supprime pas les conditions de déblocage.

À la retraite, les droits issus des versements volontaires peuvent généralement être récupérés en capital, en une ou plusieurs fois, en rente ou en combinant les deux, sauf engagement préalable particulier. Une rente est un revenu périodique. Les règles diffèrent pour les droits issus de versements obligatoires. Service Public détaille la disponibilité et les sorties du PER individuel.

Le support immobilier conserve ses risques : baisse de valeur, revenus variables et difficultés de liquidité. Atteindre la retraite ne garantit pas sa revente immédiate au prix souhaité. La durée recommandée du fonds, ses conditions de sortie et celles du contrat restent déterminantes.

Enfin, les frais du support peuvent s’ajouter à ceux du PER et du mode de gestion. Les tableaux de frais prévus pour les PER permettent de distinguer ces différents coûts.

Examiner le plan et le support en trois étapes

  1. Vérifie l’offre. Identifie le type de PER, le mode de gestion et les supports immobiliers accessibles. Lis leur document d’informations clés et leur composition.

  2. Examine les conditions. Repère les frais cumulés, le traitement des revenus, les limites d’investissement et les règles de désinvestissement.

  3. Prépare la sortie. Distingue l’origine des versements, leur déduction éventuelle et les possibilités de récupération à la retraite ou avant.

Une action concrète : note séparément la date à laquelle le PER pourra être débloqué et les conditions de sortie du fonds immobilier. Ces deux informations répondent à des questions différentes.

À retenir

  • Le PER est une enveloppe retraite ; l’immobilier est l’un des placements qu’il peut proposer.

  • L’arbitrage d’un support ne rend pas l’épargne librement disponible avant la retraite.

  • La déduction fiscale, les frais, les risques et la fiscalité de sortie doivent être examinés ensemble.

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