← Tous les articles

Métaux précieux

L’or et l’inflation

L’or et l’inflation

Intermédiaire

6 min

L’or est souvent présenté comme une protection contre l’inflation. Il peut préserver du pouvoir d’achat sur certaines périodes, mais son cours ne suit pas automatiquement les prix à la consommation. Pour évaluer cette protection, il faut regarder la performance en euros, après les coûts, sur la durée qui te concerne.

Pourquoi associe-t-on l’or à l’inflation ?

L’inflation correspond à une hausse générale et durable des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie. L’Insee en donne cette définition. Si les prix augmentent, une même somme permet d’acheter moins de biens et de services.

L’or est un actif tangible dont la valeur ne dépend pas d’une promesse de remboursement monétaire. Certains investisseurs le recherchent lorsqu’ils craignent une perte de valeur de leur monnaie. Cette demande peut soutenir son cours.

Mais l’or n’est pas indexé sur l’inflation. Aucun contrat ne prévoit que son prix augmentera de 5 % si les prix à la consommation progressent de 5 %. Sa valeur résulte des échanges entre acheteurs et vendeurs.

Comment mesurer la protection du pouvoir d’achat ?

Il faut distinguer le rendement nominal, la variation de ton placement en euros, du rendement réel, corrigé de l’inflation. Pour une même période, hors frais et fiscalité :

Rendement réel = (1 + rendement nominal) ÷ (1 + inflation) − 1.

Exemple fictif : tu achètes de l’or pour 1 000 €. Un an plus tard, il vaut 1 080 €, tandis que les prix ont augmenté de 6 %. Ton gain nominal est de 8 %, mais ton gain réel est d’environ 1,9 % : 1,08 ÷ 1,06 − 1.

Si ton or vaut toujours 1 000 € après un an, tu n’as pas perdu d’euros avant frais. Pourtant, ton pouvoir d’achat a diminué d’environ 5,7 % : 1 ÷ 1,06 − 1.

Les frais et la fiscalité peuvent encore réduire ce résultat. L’indice d’inflation retenu représente un panier moyen ; tes dépenses personnelles peuvent évoluer différemment.

Pourquoi la protection reste-t-elle imparfaite ?

La période observée change la conclusion. Une hausse sur plusieurs décennies ne garantit pas une protection pendant les années où tu détiens le métal. La recherche « The Golden Dilemma » d’Erb et Harvey, publiée en 2013, souligne le manque de fiabilité de cette couverture aux horizons usuels de placement.

Les taux réels comptent aussi. Ils correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Lorsqu’ils augmentent, les placements rémunérés peuvent devenir plus attrayants face à l’or, qui ne verse pas d’intérêts. Cette relation n’est toutefois pas mécanique.

D’autres facteurs peuvent dominer. Achats des banques centrales, tensions géopolitiques et change influencent le cours. La Banque de France explique ces interactions et montre que certaines relations historiques peuvent se rompre.

Pour un investisseur en euros, une hausse de l’or en dollars ne suffit donc pas à conclure que l’inflation française a été compensée. Il faut comparer des performances et des prix exprimés dans un cadre cohérent.

Examiner une exposition à l’or face à l’inflation

  1. Définis la période à couvrir. Une dépense prochaine et un objectif à plusieurs années n’impliquent pas le même besoin.

  2. Compare en pouvoir d’achat. Utilise la performance en euros, les coûts et l’inflation sur la même période.

  3. Vérifie le support. Métal détenu, produit suivant son cours et fonds minier ne réagissent pas de façon identique.

À retenir

  • L’or n’est pas indexé sur les prix à la consommation.

  • Une hausse en euros peut rester insuffisante pour compenser l’inflation après les coûts.

  • La protection dépend de la période, des taux, du change et du support ; elle n’est pas garantie.

Nouveau ici ?

Vous avez déjà vos résultats ?