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Le non coté
Intermédiaire
7 min
Dans le non coté, les fonds technologiques investissent dans des entreprises développant des logiciels, des services numériques ou des innovations scientifiques et industrielles. Ils peuvent financer de jeunes startups comme des sociétés déjà établies. Comprendre le secteur ne suffit donc pas : il faut aussi examiner le stade des entreprises, leur modèle économique et les conditions de l’investissement.
Que détient un fonds technologique ?
Un fonds technologique non coté rassemble des investissements dans des entreprises dont l’activité repose sur la technologie. Tu détiens des parts du fonds ; son équipe choisit les entreprises et suit les participations.
Le périmètre peut inclure les logiciels, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les composants électroniques ou certaines technologies de santé. Il dépend des documents du fonds : le mot « tech » ne décrit pas un portefeuille standard.
Exemple fictif : le fonds A finance quinze jeunes entreprises qui testent encore leurs produits. Le fonds B détient dix éditeurs de logiciels ayant déjà des clients et des revenus. Tous deux sont technologiques, mais leurs besoins de financement, leurs risques et leurs perspectives de sortie diffèrent.
La technologie décrit le secteur ; le capital-risque ou le capital-développement décrit la stratégie et le stade d’intervention. Bpifrance distingue ces dimensions dans sa présentation du capital-investissement et des spécialisations sectorielles.
Un fonds technologique coté ou un ETF sectoriel possède un autre fonctionnement. Ici, le sujet concerne les entreprises détenues en dehors de la Bourse, avec les contraintes du non coté.
Financer différents stades de développement
Les premières étapes. Un fonds de capital-risque, ou venture capital, peut financer le développement d’un produit, les premiers recrutements et la recherche de clients. Certaines entreprises n’ont pas encore de chiffre d’affaires ou de modèle rentable. Bpifrance explique le rôle du capital-risque auprès des jeunes entreprises innovantes.
L’accélération de la croissance. D’autres fonds investissent dans des sociétés dont le produit est déjà commercialisé. L’argent peut financer l’expansion internationale, une équipe commerciale ou de nouvelles capacités de production. Ces entreprises ne sont pas nécessairement rentables : une forte croissance peut encore demander beaucoup de financement.
Les entreprises établies. Un fonds peut aussi acquérir des sociétés technologiques plus anciennes, notamment des éditeurs de logiciels, pour accompagner leur transformation ou leur transmission. La technologie ne se limite donc pas aux startups, et certaines opérations comportent de l’endettement.
La deeptech désigne des innovations reposant sur des avancées scientifiques ou technologiques importantes. Leur développement peut nécessiter des validations techniques, une industrialisation et des capitaux sur une longue période. Le guide Deeptech de Bpifrance présente ces particularités.
Le fonds peut apporter des capitaux, une expertise sectorielle et un accompagnement. Pour l’investisseur, le résultat dépend notamment du développement des entreprises et du prix auquel leurs titres seront finalement revendus.
Les risques derrière une technologie prometteuse
Une innovation ne garantit pas un marché. Un produit peut fonctionner sans attirer assez de clients prêts à payer. La concurrence, une nouvelle technologie ou des restrictions réglementaires peuvent modifier les perspectives. Un brevet ou une équipe reconnue ne suffit pas à assurer le succès commercial.
Les entreprises peuvent avoir besoin de nouveaux capitaux. Si leurs dépenses restent supérieures à leurs recettes, elles doivent trouver des financements supplémentaires. En leur absence, le développement peut ralentir ou l’activité s’arrêter.
Une levée de fonds peut aussi entraîner une dilution : le pourcentage détenu par les investisseurs existants diminue s’ils ne participent pas à l’augmentation de capital. Bpifrance définit ce mécanisme de dilution.
Exemple fictif : un fonds détient 10 actions sur 100, soit 10 % de l’entreprise. Si celle-ci émet 50 nouvelles actions souscrites par d’autres investisseurs, il détient toujours 10 actions, mais sur 150 : environ 6,7 %. Cela ne signifie pas automatiquement une perte de valeur, puisque l’entreprise a reçu de l’argent ; le prix d’émission et les droits attachés aux titres comptent aussi.
Une bonne entreprise peut être achetée trop cher. Une valorisation reposant sur une croissance très ambitieuse laisse peu de place à la déception. Une nouvelle levée réalisée à un prix inférieur peut conduire à revoir la valeur des participations.
La concentration reste importante. Plusieurs entreprises peuvent dépendre des mêmes clients, fournisseurs ou conditions de financement. Détenir de nombreux noms technologiques ne garantit pas une diversification entre secteurs.
Enfin, les échecs peuvent entraîner une perte totale sur certaines participations. Les succès doivent compenser ces pertes et les frais pour que le fonds dégage un gain. La sortie reste incertaine : l’AMF rappelle les risques de perte, de valorisation et d’illiquidité du capital-investissement.
Examiner un fonds technologique
Définis son périmètre réel. Note les technologies, les pays et les stades de développement ciblés. Identifie la concentration, les revenus des entreprises et leurs besoins de financement futurs.
Examine l’équipe et les valorisations. Cherche son expérience dans les secteurs concernés, les ventes réalisées et la méthode d’évaluation. Distingue succès commerciaux, gains encaissés et hausses encore estimées.
Lis les conditions du fonds. Vérifie les frais, les engagements, la durée, les distributions et la sortie. Une présentation centrée sur quelques entreprises célèbres ne remplace pas l’analyse du portefeuille complet.
À retenir
Un fonds technologique non coté peut financer des startups ou des entreprises établies.
Le secteur, le stade de développement et le prix payé déterminent des risques différents.
Une innovation prometteuse ne garantit ni un gain ni une revente facile.

