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Les obligations
Intermédiaire
7 min
La courbe des taux représente les rendements de marché d’obligations comparables selon leur durée restante avant remboursement. Elle permet de voir si les échéances longues offrent une rémunération supérieure ou inférieure aux échéances courtes. Sa forme donne des informations sur les conditions de financement et les anticipations des investisseurs, sans prédire à coup sûr l’économie ou la performance d’un placement.
Une photographie des rendements selon les échéances
Sur un graphique, les échéances se lisent horizontalement : un an, deux ans, cinq ans, dix ans… Les rendements annualisés correspondants se lisent verticalement. Chaque point décrit les conditions du marché à une même date, pour une durée différente.
Une courbe n’indique donc pas comment un taux a évolué au fil des années. Elle compare aujourd’hui plusieurs horizons. La Banque centrale européenne présente les courbes de taux et leur construction.
Pour que la comparaison ait du sens, les obligations doivent être suffisamment comparables, notamment en matière de devise et de risque de crédit. Mélanger une dette publique en euros et une dette d’entreprise fragile en dollars ne permet pas d’isoler l’effet de l’échéance.
Il existe ainsi plusieurs courbes : pour un État, une catégorie d’emprunteurs ou un ensemble de dettes sélectionnées. Vérifie toujours le périmètre et la méthode utilisés.
Les principales formes de courbe
Une courbe ascendante présente des taux longs supérieurs aux taux courts. Une courbe plate montre des rendements proches sur plusieurs échéances. Une courbe inversée présente, sur la portion observée, des taux longs inférieurs aux taux courts.
Exemple fictif : voici trois situations possibles pour des obligations comparables. Ces chiffres ne décrivent aucun marché actuel.
Échéance | Courbe ascendante | Courbe presque plate | Courbe inversée |
|---|---|---|---|
2 ans | 2,5 % | 3,0 % | 4,0 % |
5 ans | 3,0 % | 3,0 % | 3,5 % |
10 ans | 3,5 % | 3,1 % | 3,0 % |
Dans le premier cas, le taux à dix ans dépasse celui à deux ans de 1 point de pourcentage. Dans le dernier, il lui est inférieur de 1 point. L’écart entre ces deux échéances aide à décrire la pente, mais ne résume pas toute la courbe : celle-ci peut aussi présenter une bosse ou un creux.
Un rendement à dix ans de 3,5 % est un taux annualisé selon les conventions du calcul. Ce n’est ni un gain total de 3,5 % sur dix ans, ni nécessairement le coupon de l’obligation.
Ce que la courbe permet de comprendre
Les taux longs reflètent notamment les anticipations de taux courts futurs et une prime de terme : la compensation demandée pour porter une exposition sur une longue durée. Les attentes d’inflation et les achats d’obligations influencent aussi la courbe. La BCE explique ces différentes composantes.
Une inversion peut être compatible avec l’attente de baisses futures des taux, notamment en cas de ralentissement économique. Mais d’autres facteurs peuvent intervenir. La Banque de France souligne les limites du lien entre inversion et récession.
La courbe peut aussi changer de forme. Les taux courts peuvent baisser tandis que les taux longs montent. Deux fonds exposés à des échéances différentes peuvent alors réagir différemment : une variation des taux ne touche pas forcément tout le marché de manière identique.
Enfin, un taux long plus élevé ne suffit pas à désigner le meilleur placement. Une obligation à taux fixe de longue durée est généralement plus sensible aux mouvements des taux. À l’inverse, réinvestir régulièrement des titres courts expose aux conditions disponibles lors des prochains achats. L’AMF explique le risque de variation du prix des obligations.
Utiliser la courbe pour examiner un ETF
Identifie la courbe observée. Vérifie sa date, sa devise et les emprunteurs représentés.
Repère l’exposition du fonds. Lis les échéances détenues et sa sensibilité aux taux ; une moyenne peut masquer des titres très courts et très longs.
Examine plusieurs mouvements possibles. Distingue une hausse générale des taux d’un changement concentré sur certaines échéances. Ajoute les risques de crédit, de change et les frais.
À retenir
Une courbe compare les rendements de plusieurs échéances à une même date.
Sa pente reflète plusieurs facteurs ; une inversion ne garantit pas une récession.
L’échéance et la sensibilité d’un fonds aident à comprendre son exposition aux mouvements de taux.

