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Le non coté

Les infrastructures

Les infrastructures

Avancé

6 min

Les fonds d’infrastructures peuvent financer des réseaux d’énergie, des équipements de transport ou des installations numériques. Ces investissements reposent sur des actifs destinés à fonctionner pendant de nombreuses années. Leur utilité au quotidien ne garantit toutefois ni leurs revenus ni le résultat du placement.

Que finances-tu dans une infrastructure ?

Une infrastructure est un équipement ou un réseau permettant de fournir un service : produire ou acheminer de l’énergie, transporter des personnes, distribuer de l’eau ou transmettre des données. Le périmètre varie selon la stratégie du fonds.

Dans le non coté, tu investis généralement dans un fonds qui détient des participations ou des créances dans des sociétés liées à ces projets. Tu ne possèdes pas personnellement une portion de route ou de réseau.

Le financement peut passer par des actions, avec un résultat dépendant notamment des bénéfices et du prix de revente, ou par de la dette, avec des intérêts et un remboursement prévus au contrat. La Banque mondiale présente ces modes de financement des infrastructures.

Exemple fictif : une installation solaire reçoit 10 millions d’euros de financement : 3 millions apportés par les actionnaires et 7 millions prêtés. L’argent provenant de la vente d’électricité sert notamment à payer l’exploitation, l’entretien et la dette. Ce qui reste peut contribuer à rémunérer les actionnaires. Un euro de chiffre d’affaires n’est donc pas un euro disponible pour l’investisseur.

D’où peuvent venir les revenus ?

Construire ou exploiter. Un projet à construire doit obtenir les autorisations, réaliser les travaux et démarrer son activité. Un actif déjà en exploitation possède un historique de fonctionnement, mais peut nécessiter des rénovations ou une extension. Le ministère de la Transition écologique distingue ces phases de construction et d’exploitation, parfois appelées greenfield et brownfield.

Comprendre qui paie. Les recettes peuvent dépendre de l’utilisation du service, comme un péage, de ventes à des clients, ou de paiements prévus dans un contrat. Certains projets reçoivent des paiements publics liés à la disponibilité de l’équipement et au respect d’exigences de qualité, plutôt qu’au nombre d’utilisateurs.

La Banque mondiale explique ces modèles de rémunération dans les partenariats public-privé. Ils ne concernent pas toutes les infrastructures et répartissent différemment les risques entre les parties.

Des contrats longs peuvent rendre certaines recettes plus prévisibles et aider à financer un équipement coûteux. Il faut cependant examiner leur durée, les obligations à respecter, les conditions de révision et la capacité du client à payer.

Le fonds cherche ainsi à bénéficier de revenus d’exploitation, de remboursements ou d’une revente ultérieure. Leur calendrier et leur montant dépendent des projets comme de la structure du fonds.

Les risques d’un actif pourtant utile

La construction peut déraper. Un retard, un surcoût ou une autorisation manquante peut repousser les recettes tout en augmentant les dépenses. La Banque européenne d’investissement décrit les étapes de préparation et de faisabilité des projets, notamment les dimensions économiques, environnementales et réglementaires.

L’exploitation peut décevoir. La fréquentation, la production ou les ventes peuvent être inférieures aux prévisions. Une panne, des coûts de maintenance plus élevés ou un événement climatique peuvent également réduire les résultats.

Dans l’exemple solaire, si les recettes annuelles passent de 1 million à 800 000 €, tandis que les dépenses d’exploitation et les paiements de dette restent à 750 000 €, le solde passe de 250 000 € à 50 000 €. Une baisse de recettes de 20 % réduit alors ce solde de 80 %, avant les autres coûts éventuels.

Les contrats et les règles comptent. Une rémunération peut être diminuée si la qualité du service n’est pas respectée. Une modification des tarifs réglementés, de la fiscalité ou des conditions d’une concession peut aussi affecter le projet. L’existence d’un acteur public ne constitue pas, à elle seule, une garantie du placement.

L’endettement et la sortie ajoutent des contraintes. Le remboursement peut dépendre d’un refinancement futur. Une vente d’actifs spécialisés peut prendre du temps et se faire à un prix inférieur à l’estimation. L’AMF rappelle les limites de liquidité des placements non cotés.

Enfin, l’infrastructure n’est pas automatiquement favorable à l’environnement. Il faut examiner l’activité financée, ses effets et les engagements du fonds, plutôt que se fier à cette seule étiquette.

Examiner un fonds d’infrastructures

  1. Identifie les projets. Note les secteurs, pays, phases de construction ou d’exploitation, et la répartition entre actions et dette. Vérifie la concentration sur quelques actifs ou clients.

  2. Analyse les recettes et obligations. Cherche qui paie, selon quelles conditions, pour combien de temps et avec quels risques de révision. Examine l’entretien, l’endettement et les besoins de financement futurs.

  3. Lis les règles du placement. Vérifie frais, valorisations, distributions, durée et conditions de sortie. Les revenus d’un projet ne correspondent pas automatiquement aux sommes distribuées par le fonds.

À retenir

  • Les infrastructures financent des équipements et réseaux, par des actions ou de la dette.

  • Les revenus dépendent de l’activité, des contrats et des obligations d’exploitation.

  • L’utilité du service et la durée des contrats ne garantissent ni le capital ni une sortie facile.

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