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Le non coté
Avancé
7 min
Dans le non coté, le marché secondaire permet d’acheter des investissements existants à un détenteur qui souhaite les céder. Il peut offrir une possibilité de sortie au vendeur et un accès à un portefeuille déjà constitué pour l’acheteur. Cette possibilité reste soumise à la recherche d’une contrepartie, au prix négocié et aux règles de transfert.
Acheter un investissement déjà existant
Sur le marché primaire, l’argent contribue notamment à une nouvelle émission de titres ou à la souscription d’un fonds. Sur le marché secondaire, tu rachètes une position existante : le prix de vente revient au vendeur, plutôt qu’à l’entreprise ou au fonds au titre d’une nouvelle souscription.
Il peut s’agir d’actions d’une entreprise non cotée ou de parts d’un fonds. Certaines opérations portent aussi sur des participations transférées d’un fonds à un autre. L’étude de France Invest sur le marché secondaire distingue notamment les opérations initiées par les investisseurs de celles organisées par les sociétés de gestion.
Exemple fictif, sans frais ni fiscalité : un investisseur possède des parts estimées à 10 000 €. Il souhaite sortir et accepte de les vendre 8 500 € à un acheteur. La différence représente une décote de 15 % par rapport à l’estimation. L’acheteur détient ensuite les parts et les droits correspondants ; le vendeur reçoit le prix convenu.
Cette décote ne mesure pas à elle seule la perte du vendeur : celle-ci dépend aussi de ce qu’il avait payé et des distributions déjà reçues. Pour l’acheteur, elle ne garantit pas une bonne affaire, car les 10 000 € restent une estimation.
Pourquoi vendre ou acheter sur ce marché ?
Pour le vendeur, une cession peut permettre de récupérer de l’argent avant la liquidation du fonds ou de modifier ses investissements. Elle suppose toutefois de trouver un acheteur accepté selon les règles applicables. L’AMF rappelle que la revente d’actions non cotées n’est pas garantie.
Pour l’acheteur, une position existante peut donner accès à un portefeuille dont les entreprises sont déjà identifiées. Certaines ont été accompagnées pendant plusieurs années. Cela apporte des éléments d’analyse supplémentaires par rapport à un fonds qui commence à investir, sans supprimer les incertitudes.
Le prix peut être inférieur, égal ou supérieur à la valeur publiée. Il dépend notamment des perspectives, des besoins du vendeur et des engagements restant à payer. La banque UMB décrit ces points dans le traitement des transactions secondaires de parts de fonds.
Un fonds spécialisé dans le secondaire réalise lui-même ces achats. En souscrivant ses parts, tu investis dans sa stratégie : tu ne disposes pas automatiquement d’un moyen de revendre tes propres parts à tout moment.
Il existe aussi des fonds de continuation. Ils acquièrent des participations détenues par un ou plusieurs fonds existants pour poursuivre leur détention. L’AMF présente cette possibilité dans ses travaux sur la fin de vie des fonds. La transaction peut offrir une sortie à certains investisseurs tout en prolongeant l’investissement pour d’autres, selon les modalités proposées.
Les limites d’une décote ou d’une sortie proposée
La valeur de référence peut être dépassée. Une estimation établie plusieurs mois auparavant peut ne plus refléter la situation des entreprises. Acheter moins cher que cette valeur ne suffit pas à protéger le capital.
Dans l’exemple, si l’acheteur paie 8 500 € puis ne récupère finalement que 7 000 €, sans autre distribution, il perd 1 500 €, malgré la décote initiale.
Des engagements peuvent accompagner les parts. L’acheteur peut devoir reprendre des obligations de versement futures selon le contrat. Si un achat de 8 500 € s’accompagne de 2 000 € d’appels de fonds restant à payer, il faut examiner cette charge supplémentaire. Le prix immédiat ne représente alors pas toute la somme susceptible d’être mobilisée.
Le transfert n’est pas une formalité automatique. Vérifie les autorisations, l’éligibilité de l’acheteur, les restrictions et les frais. La possibilité juridique de céder n’assure ni l’existence d’une demande ni un délai court.
Les intérêts des parties peuvent diverger. Lorsqu’une société de gestion intervient pour le fonds vendeur et le fonds acheteur, le prix et les conditions doivent faire l’objet d’une attention particulière. L’AMF souligne la nécessité de documenter l’intérêt des fonds et les conditions de valorisation lors de ces transferts.
Enfin, un portefeuille plus ancien n’est pas nécessairement proche de sa sortie. Les actifs restants peuvent être difficiles à céder. Ni une distribution rapide ni une durée réduite ne sont garanties.
Examiner une opération secondaire
Identifie ce qui est transféré. Vérifie les titres ou parts, les droits acquis, les actifs sous-jacents et les engagements futurs. Distingue achat direct et souscription d’un fonds spécialisé.
Analyse le prix complet. Note la date de valorisation, la décote ou prime, les frais, les versements restant à effectuer et le traitement des distributions entre les parties.
Lis les conditions de transfert et de sortie. Examine les accords nécessaires, les délais et les conflits d’intérêts éventuels. Demande comment le prix est justifié et quelles contraintes continueront après l’achat.
À retenir
Le secondaire permet de transférer des investissements existants à un nouvel acheteur.
Une décote doit être examinée avec la valeur réelle des actifs et les engagements futurs.
L’existence de ce marché ne garantit ni une revente facile ni un gain à l’achat.

