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Les obligations

Les obligations émergentes

Les obligations émergentes

Avancé

7 min

Les obligations émergentes sont des titres de dette émis par des États ou des entreprises de marchés dits émergents. Elles peuvent offrir des rendements plus élevés, avec des risques de remboursement, de change et de liquidité à examiner. Deux fonds portant cet intitulé peuvent avoir des expositions très différentes : les pays, les emprunteurs et surtout les devises comptent.

Plusieurs marchés sous un même nom

Le terme « émergent » regroupe des économies aux situations très diverses. Il ne constitue ni une notation de crédit ni une promesse de croissance. Le périmètre d’un fonds dépend de sa stratégie ou de l’indice qu’il suit : commence par regarder les pays effectivement représentés.

La dette souveraine est émise par un État. La dette d’entreprise finance une société, privée ou publique. Une entreprise liée à l’État ne bénéficie pas automatiquement d’une garantie de celui-ci.

La devise permet ensuite de distinguer deux grandes expositions :

Type de dette

Monnaie des paiements

Point à examiner

En monnaie locale

Devise du pays emprunteur

Taux locaux et change avec l’euro

En devise internationale

Notamment dollar ou euro

Capacité à payer dans cette devise et change éventuel pour toi

Un fonds peut mélanger ces catégories. Par exemple, cette présentation de BlackRock décrit une exposition aux dettes émergentes en monnaies locales. Le mot « émergent » seul ne suffit donc pas à comprendre ce que tu détiens.

La devise change le résultat

Pour un investisseur qui mesure son patrimoine en euros, une obligation en monnaie locale ajoute une exposition au change. Les intérêts et le prix peuvent progresser dans cette monnaie, alors que leur valeur convertie en euros diminue.

Exemple fictif, hors frais et fiscalité : tu investis l’équivalent de 1 000 € dans un placement en monnaie locale. Sur un an, sa valeur totale, revenus inclus, augmente de 6 % dans cette monnaie. Mais la valeur en euros d’une unité de cette monnaie baisse de 10 %.

Ton placement vaut alors 1 000 × 1,06 × 0,90 = 954 €, soit une perte de 4,6 %. Les effets se multiplient : additionner simplement +6 % et −10 % donnerait un résultat inexact.

La devise compte aussi pour l’emprunteur. Une entreprise qui reçoit principalement des revenus locaux mais doit rembourser en dollars peut être fragilisée par une baisse de sa monnaie. Des revenus en dollars peuvent, à l’inverse, atténuer ce décalage. Le Fonds monétaire international explique ce risque des dettes en devises étrangères.

Une dette en dollars n’est donc pas automatiquement plus sûre qu’une dette locale. Pour toi, elle conserve une exposition dollar/euro si celle-ci n’est pas couverte. Acheter des parts cotées en euros ne suffit pas à supprimer les risques de change sous-jacents.

Les risques peuvent se cumuler

Le crédit. Un État ou une entreprise peut ne plus payer, restructurer sa dette ou demander un report. La notation, l’endettement, les ressources disponibles et les échéances de remboursement contribuent à l’analyse. Tous les emprunteurs émergents n’ont pas le même profil.

Les taux et les mouvements de capitaux. Les taux locaux, les taux internationaux et la rémunération demandée pour le risque de crédit peuvent évoluer. Des retraits d’investisseurs peuvent peser simultanément sur les obligations et les devises. Le FMI analyse les tensions liées aux mouvements des monnaies émergentes.

Le contexte politique et les règles. Des changements réglementaires, des restrictions aux mouvements de capitaux ou des tensions géopolitiques peuvent affecter les paiements et la possibilité de vendre. Ces risques figurent notamment dans les informations réglementaires d’Amundi sur les marchés émergents.

La concentration et la liquidité. Un fonds peut regrouper de nombreux titres tout en dépendant de quelques pays ou secteurs. Certains marchés peuvent devenir difficiles à négocier en période de tension. La diversification ne garantit pas l’absence de pertes communes.

Examiner un ETF de dette émergente

  1. Lis son périmètre. Identifie les pays, les États ou entreprises, les principales positions et les notations.

  2. Distingue les devises. Vérifie celles des obligations et l’éventuelle couverture de change : son périmètre, ses coûts et ses limites.

  3. Examine les modalités. Regarde les échéances, la sensibilité aux taux, les frais et la politique de distribution. Les revenus ne garantissent pas une performance positive.

À retenir

  • La dette émergente regroupe des emprunteurs et des marchés très différents.

  • La devise influence le résultat en euros et parfois la capacité de remboursement.

  • Un ETF diversifie certaines expositions, sans garantir le capital ni les revenus.

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